A(R)CADIE 

Essai de mésologie graphique

Résidence de Ludovic Duhem à la Solitude du Pré-d'en-Haut

Nouveau-Brunswick (Canada)

2-15 Juillet 2018

A(R)CADIE

Essai de mésologie graphique

Résidence à La Solitude du Pré-d'en-Haut (Nouveau-Brunswick, Canada)

2-15 Juillet 2018

(avec l'auteure Hélène Harbec)

Le projet pour la résidence à la Solitude du Pré-d'en-Haut est centré sur une expérimentation du paysage à l’époque de l’Anthropocène, selon une approche « mésologique » de La Solitude de Pré-d’en-Haut. Cette approche suppose l’étude et l’expérimentation des dimensions écologiques, techniques et symboliques du milieu propre à ce lieu singulier de l’Acadie.

En partant du nom "Acadie", dont l'une des origines possibles est l'"Arcadie", je cherche à comprendre le lien entre le pays mythologique inventé par l'Antiquité gréco-romaine (pays mythologique où serait né Zeus, sur le Mont Lycée ; pays où le roi Lycaon fut changé en loup par Jupiter ; et surtout pays de l'âge d'or où la vie pastorale était un paradis sans heurts rythmé par la musique enchanteresse), sa force d'attraction sur les colons français venus en ce lieu transatlantique du "Nouveau Monde", sa rencontre avec le milieu Mi"kmaq (ethnie amérindienne) et ce lieu particulier de solitude, de repos et de méditation dans la "nature" où se situe la résidence. 

 

C'est en quelque sorte la mise entre parenthèses du rêve acadien ancestral (d'où le "(R)" dans A(R)CADIE) qui est questionné, c'est-à-dire quels sont ses restes fantomatiques, ses tentatives de restauration, ce que tout cela signifie à l'époque de l'Anthropocène (en tant que le milieu acadien n'est pas une pure nature, mais bien une écoumène qui s'est d'abord constituée à partir de l'environnement brut selon des techniques humaines de fertilisation des terres via la déforestation et l'aménagement des berges en "aboiteaux" conjuguée à la marée des rivières, et qui s'est ensuite dégradé par les effets d'obstruction des ponts-jetée, de pollution des dépotoirs et de l'activité industrielle.

 

Le projet se compose de trois volets :

 

1) imprégnation du lieu et de ses composantes (espaces, matières, végétaux, animaux, lumières, sonorités, traces humaines directes et indirectes, imaginaires et pratiques) par des notes illustrées sur des carnets et des fiches (matériel apporté).

 

2) dessins au stylo bille bleu (travail autour des rapports d’échelle, des masses, des vides, de points de vue) ; ces dessins confronteront l’expérience du lieu en relation avec les esquisses à la mine de plomb, les images prises par smartphone sur place et par Google Earth avant l’arrivée (matériel apporté).

 

3) échanges des impressions et imaginaires du lieu (entretiens enregistrés et mis en ligne) et travail in situ en duo avec l’autre artiste résident.e, notamment à partir des éléments naturels disponibles sur le site de la résidence.

 

La résidence est proposée autour d'une rencontre avec un.e artiste acadien.nne, en l'occurrence, j'aurai le plaisir de travailler avec l'auteure acadienne Hélène Harbec. Primée à maintes reprises pour son oeuvre littéraire, avec Humaine vagabonde, elle signe son cinquième recueil de poésie. Dans cette œuvre, la poète nous transporte dans ses pérégrinations. Humaine vagabonde, elle se remet en route et parcourt physiquement le territoire, souvent le même trajet, cherchant à s’approprier un nouvel espace, désireuse d’être au cœur d’un mouvement tout en assumant la marge. Son but : habiter son corps et marcher pour s’imprégner de vie, franchir les murs, la distance, aller vers l’autre et goûter quelques rares instants de durée. Le travail d’écriture aura donné 134 magnifiques poèmes qui décryptent à merveille le silence de l’humain vagabondage.

https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9l%C3%A8ne_Harbec

Cette résidence est organisée par l’Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick (AAAPNB) et bénéficie des précieuses contributions financières du Conseil des arts du Canada, du Gouvernement du Nouveau-Brunswick et du Consulat général de France dans les provinces atlantiques.