PROCESSIONS

Église saint Barthélémy, Emmerin 

2011

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Journées du patrimoine, vues de l'exposition, Église saint Barthélémy, Emmerin, 2011

Processions est la rencontre ou la conflagration de trois processions : la procession religieuse qui anime l’église lors des moments importants de la vie paroissiale, la procession culturelle qui presse les curieux à visiter un tel lieu, et la procession commerciale qui tend à nous détourner des deux autres ou à les écraser sur elle.​​

Au sol, on découvre la répétition d’une empreinte de pouce, déposée sans volonté de faire une image. Chaque empreinte est la trace du geste, du corps qui s’incline vers le sol, qui prend contact avec ce qui est sous nos pieds. C’est une sorte de procession au ralenti, le pouce touchant ce que les pieds ont usé depuis de nombreuses années. C’est ce passage du temps, cette usure des processions, qui est répété par le passage des visiteurs qui vont peu à peu effacer les empreintes pour passer du portail à l’autel et de l’autel au portail. La procession artistique s’effaçant ainsi dans la procession cultuelle et culturelle.

Suspendue au-dessus de l’entrée, tel un vitrail opaque, une affiche répond au voile d’empreintes du sol de la nef. Le geste est le même, mais cette-fois-ci, les empreintes sont intouchables, hissées hors d’atteinte. Cette peinture est donc une sorte de vestige, de souvenir d’un geste, d’une identité qui s’efface à mesure qu’elle se répète, celle du peintre mais peut-être aussi celle de l’art. Au revers de la peinture, se trouve ainsi une publicité pour un téléviseur qui nous rappelle que la consommation est désormais le support et la raison de toutes les processions.